Grand Canyon

Publié le 20 Mars 2014

Être à côté.

Une notion qui a changée en changeant de continent. 45min sont nécessaires pour sortir de San Diego, 2h de route sont un saut de puce sur la carte... Alors oui, pousser jusqu'au Grand Canyon en voiture quand on est à Las Vegas semble de l'ordre du raisonnable. 4h30 de route. Allez zou, notre sang n'a fait qu'un tour, la boucle sera bouclée si on s'offre ce "crochet".

C'est donc tout guilleret que nous laissons Las Vegas derrière nous pour retourner à Mère Nature et ses grands espaces. Nevada, Arizona, les miles défilent... un arrêt dans une station service au milieu de la pampa et voilà la claque. Les bimbos en bikinis, les grosses fortunes, les planches de surf, la nourriture saine, la hipster attitude, c'est la Californie. Au beau milieu de nulle part, en Arizona, la station service était tenue par un bonhomme épais comme un fil de fer, aux cheveux gras, aux dents abimées par le tabac à chiquer et avec un accent à couper au couteau. L'Amérique profonde. Celle des films. Dans cet endroit isolé, les maisons mériteraient plus le terme de baraques. Les rues sont désertes. On débouche sur une zone commerciale où s'enchainent les uns après les autres les mêmes sempiternels fast-foods. D'un état à l'autre, d'une ville à l'autre, sentiment de déjà vu. Puis la nuit tombe, on sort de l'autoroute, direction Grand Canyon Village dans le noir le plus profond. Impossible de deviner le paysage. Entrée dans le parc national de Grand Canyon par l'entrée Sud, celle au Nord étant fermée en hiver. Ah oui, jetons un œil au thermomètre... 30°F, 0°C.

Grand Canyon Village, de nuit, nous a paru comme un labyrinthe malgré le GPS. Tout le monde était déjà au chaud, à l'abri, dans le cocon des hôtels environnants, mais cachés. Une fois notre logement déniché, nous voilà repartis à l'assaut du village pour trouver un endroit où manger. J'avoue qu'il y a eu du plaisir à enfiler un manteau, des gants et à visser un bonnet sur mon crane. C'était comme me sentir déguisée, ça avait un côté exotique, hors du commun. Les dents qui claquent en entrant dans la voiture, se garer sur le parking du restaurant au moment où l'air commence à peine à se réchauffer dans la voiture. Sortir dans le froid. Ces moments ne sont que souvenirs d'une vie passée quand on vit à San Diego.

Le restaurant se voulait chalet dans l'esprit, boiserie et tout le folklore. Un bon moment, un moment américain avec burger et cheesecake. Mais le lendemain était attendu avec impatience. Quel est donc le paysage ? A quoi ressemble le Grand Canyon ? Est-ce aussi impressionnant que cela ?

Le jour se lève, petit déjeuner derrière une baie vitrée, dans un rayon de soleil. Par la fenêtre, je ne vois qu'arbres et résidus de neige. Nous sommes sensés être à 15 min seulement du lieu, mais je n'en aperçois pas les prémices. Je ne sais plus à quoi m'attendre.

Et puis nous revoilà en voiture, à prendre l'Hermit Road, route scénique. Là, le spectacle commence. Je comprends, je vois... Imaginez un plateau sur lequel s'étend une forêt, puis tout à coup, le sol se dérobe pour laisser place à un gigantesque canyon. Le sol est grignoté de part et d'autre du plateau par le fleuve Colorado en contre bas. Le dénivelé est incroyable, le paysage époustouflant. Impression d'être sur le toit du monde, de se sentir petit, de trouver la Nature belle, surprenante et extraordinaire.

La route se termine à l'Hermits Rests, point le plus à l'ouest du parc accessible par une route pavée. Le lieu permettait aux visiteurs de se reposer. A la fin du 19ième siècle, un chemin a été aménagé de l'Hermit Road jusqu'au Colorado. 10h de marche. A l'époque, ce chemin était une exploitation privée : il fallait passer par un péage pour l'emprunter !

Nous avons roulé d'un point de vue à l'autre. Après avoir parcouru l'Hermit Road, nous nous sommes aventurés sur la Desert View Drive pour arriver à la Desert View Watchtower. La tour qui s'y trouve est une réplique d'une tour indienne préhistorique. Du haut de ses 21m, elle constitue le point culminant de la partie Sud du parc.

Superbe point de vue, certes, mais c'est aussi à cet endroit précis que nous avons décidé qu'il était temps de rentrer. Les deux voies scéniques que nous avons empruntés, ainsi que le Visitor Center que nous avons visité étaient bondés. Un volume hallucinant de touristes dont le seul but est de se jeter hors de la voiture, se faire tirer le portrait et partir. Les points de vue les plus près des parkings étaient les pires, mais Desert View a décroché la palme. Pour la communion avec la nature, il faudra repasser. Aussi, si un jour je dois revenir au Grand Canyon, ce sera pour descendre en contrebas, camper près du Colorado, profiter des étoiles et après une bonne nuit de sommeil, remonter tant bien que mal les 2000m de dénivelé.

Ce petit crochet comme je l'ai nommé plus haut nous a bien entendu éloigné de la maison d'à peu près... 4h30. Les 9h de route pour rentrer à San Diego auront été longues et épuisantes. Mais en 7 jours le nombre de paysages admirés et de souvenirs enregistrés est un trésor. C'était beau, c'était bien, c'était dépaysant. Des road trips de ce genre, on en demande ENCORE.

Grand Canyon
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Rédigé par Audrey L.

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