Comment je suis revenue de la pêche
Publié le 24 Mai 2014
Voilà qu'avec un groupe d'amies, nous avons décidé de faire des sorties photo. Ces sorties sont un bon prétexte pour se balader, observer, s’entrainer à capturer des images... et bavarder allègrement.
Ce jeudi, nous étions parties pour une balade matinale vers Shelter Island. Le but était d'avoir la lumière matinale et une vue sur San Diego Downtown. Nous nous sommes retrouvées dans les nuages, bye-bye la lumière, et avons trainé un bon moment à la marina. Et pour cause, nous avons été les témoins d'une scène extraordinaire... un retour de pêche.
Il faut imaginer, nous sommes un groupes de 5 jeunes femmes, appareils photo autour du cou, et chacune avec son accent original (au choix: allemand, finlandais, brésilien, français), à arpenter le port à 8h30. Une compagnie peu commune pour nos amis pêcheurs. Un vieux pêcheur, en gentleman charmeur, nous a invité à rester dans les parages, une cargaison devant arriver sous peu.
Nous nous imaginions un petit chalut débarquer et décharger une nuit de pêche dans les eaux de San Diego... c'est en fait un assez gros navire qui revenait d'une campagne de deux semaines. A son bord, uniquement des amateurs de pêche sportive. L'équipage a navigué 4 jours pour arriver dans les eaux profondes de Baja California, Mexique. S'en est suivi une semaine de pêche du thon jaune (l'albacore), puis retour à San Diego. Chaque pêcheur repart avec les résultats de sa pêche. Les hommes ont d'abord débarqués, ils étaient nombreux, plus d'une vingtaine, et loin d'êtres jeunes. S'en est suivi le bal des caisses remplies de thon tous plus impressionnants les uns que les autres. Ils ont été triés par membre d'équipage, puis pesés. Pour les pêcheurs qui le souhaitent, des fabriques de reconditionnement étaient représentées pour offrir leurs services. Découpe, salaison, fumage, conserve. Un monde insoupçonné. Nous nous sommes faites petites pour observer cette tranche de vie, ce quotidien du pêcheur. Captivant ce labeur dont je mesure d'autant plus maintenant la difficulté. Impression d'avoir vécu un moment unique et privilégié. Et également impression d'avoir assisté à une scène universelle. Ce retour de pêche aurait pu se passer n'importe où aux États-Unis, comme dans tout autre pays du monde. Les gestes, les codes, l'atmosphère, le labeur semblent identiques.
Incroyablement peut-être pour toi lecteur, c'était un véritable beau moment. Ces pêcheurs ont fait notre journée comme on a peut-être fait la leur. Nombreuses questions nous avons reçues, nombreuses questions nous avons posées. A la fin de notre balade, la vue sur San Diego Downtown, à côté de cette expérience , c'était -sans utiliser de langage poissonnier- juste pas mal.











